Grand cinéaste de la Nouvelle Vague, Éric Rohmer n’a jamais posé au génie. Depuis Le Signe du Lion (1962) jusqu’aux Amours d’Astrée et de Céladon (2007), il a cultivé des méthodes de travail très singulières, qui rendent son cinéma unique dans son apparente fragilité. Entretiens au magnétophone avec ses interprètes, repérages et tournages en catimini, mélange entre fiction et document… C’est tout un artisanat intime qu’il a mis en place, comme pour donner l’illusion que le récit cinématographique naît de lui-même, au hasard des rencontres.
C’est cette alchimie rohmérienne que dévoile le documentaire Éric Rohmer, esprit d’enfance, avec des extraits, avec de rares interviews que le cinéaste a données ; avec des films préparatoires inédits (brouillons, répétitions), mais aussi avec les quelques Rosebud cachés dans sa maison d’enfance, en Corrèze. L’idée n’a pas été de faire la biographie de Rohmer, ni de trouver dans sa vie on ne sait quel secret. Sa double identité y incite, pourtant, qui sépare nettement Éric Rohmer (l’homme public) de Maurice Schérer (l’homme privé). Mais un lien mystérieux existe entre les deux, qui intrigue, et consiste peut-être à renaître à travers le cinéma.
Réalisateurs
Pascale Bouhénic
Noël Herpe
Auteurs
Pascale Bouhénic
Noël Herpe
Montage
Thomas Glaser
Image
Raphaël O’Byrne
Son
Pascal Ribier
Musique originale
Olivier Depardon
Durée
60min
Diffuseur
Cine+ OCS